Interview #3 : Jean-Pierre, amateur d’apiculture

Rucher dadant warré

Le rucher principal de Jean-Pierre

Jean-Pierre, 46 ans, est apiculteur depuis 5 ans dans le Gers. Il s’intéressait aux abeilles depuis très longtemps, mais il n’a eu le déclic que lorsqu’un apiculteur est venu récupérer un essaim qui s’était posé chez lui. Il a commencé avec 2 Warrés (pour l’autonomie qu’elles permettent : auto-construction facile, peu de matériel nécessaire…) mais a ensuite augmenté son cheptel avec des Dadants pour faciliter les échanges avec ses collègues apiculteurs. Aujourd’hui il a 9 Dadants, 3 Warrés et 2 ruchettes Dadants, et il produit du miel en pots (entre 150 et 200 Kg par an) et un peu de propolis issue du grattage des cadres. En visite dans son rucher un 16 Décembre, par 18°, on a pu observer des soleils d’artifice, ou vols d’orientation !

 

La conduite de ses ruches

Par principe et par manque de temps, Jean-Pierre intervient très peu dans ses ruches, mais il les observe tous les jours « au trou de vol » : activité, entrée de pollen, soleil d’artifice…

  • En Janvier : une visite rapide pour vérifier l’état des provisions. Il enlève le toit et le couvercle du nourrisseur. S’il y a encore du candi, il referme. Sinon, il remet du candi.
  • Février : vérification rapide pour vérifier l’état des provisions.
  • 1er Mars : après avoir vu trop souvent ses ruches essaimer très tôt, il pose désormais une hausse sur toutes ses ruches le 1er Mars. Et tant pis pour le refroidissement que ça provoque (et les conséquences que ça engendre, en théorie).
  • Mars à Septembre : il regarde uniquement les hausses pour savoir s’il peut / doit récolter
  • Septembre : après la récolte du tournesol, pose des languettes Apivar (pendant 10 semaines) contre le varroa, dans toutes ses ruches.
  • Novembre : au retrait des languettes d’Apivar, pose du candi dans les nourrisseurs.

cahier abeille apiculture

Il prend beaucoup moins de notes qu’au tout début, mais consigne tout de même dans un cahier tout ce qui est suspect, les récoltes et les dates de ponte.

Au printemps, s’il récupère des essaims, il les nourri au sirop tous les jours, tant qu’elles prennent. Elles se mettent alors à bâtir très vite et stockent. Il arrête le nourrissement quand il y a 7 cadres bâtis. Cette colonie a alors un développement très rapide. Pour faire ce sirop il mélange à 50/50 du sucre et de l’eau bouillante, puis rajoute du sucre tant que ça fond. Il obtient alors un sirop épais. Pour les colonies déjà installées, pas de sirop (sauf exception, pour lutter contre la fausse teigne – voir plus bas ). En novembre il achète des pains de candi (apifonda) qu’il découpe en parts de 300 grammes environ. Il les pose dans le nourrisseur, et si les abeilles ont faim, elles viendront manger durant l’hiver. Il surveille la consommation de candi, ce qui lui permet d’avoir une bonne idée des réserves sans avoir à enlever le nourrisseur.

La fausse-teigne et le frelon !

Fausse-teigneLa fausse-teigne peut s’installer soit dans les hausses stockées durant l’automne/hiver, soit dans les ruches habitées.

  • Stock de hausse : Jean-Pierre les range dans un abri sec et surtout les empile parfaitement avec une grille en haut et en bas qui empêche les fausses-teignes mais aussi les souris et autres gourmands d’entrer. Et sous la grille du bas, il pose deux tasseaux qui permettent à l’air de rentrer par le bas et de sortir : effet cheminée. Depuis qu’il fait comme ça il n’a plus de soucis.

hausses ruche fausse-teigne

  • Ruches habitées : si la ruche se laisse envahir par la fausse teigne, il la considère comme un symptôme plutôt qu’un problème, car la fausse teigne ne s’épanouit pas dans une ruche forte. Alors quand ça arrive, il nourrit au sirop et les ouvrières, boostées par le sucre, font rapidement le ménage !
  • Le frelon asiatique est bien installé dans le Gers et la pression est très forte dans le parc Natura 2000, mais aussi autour de sa maison (rucher principal). Alors Jean-Pierre pose des pièges, les attrape un par un avec un bambou enduit de miel qu’il tend vers ceux qui volent auprès des ruches, puis les écrase dès qu’ils se colle au miel ; ou bien il utilise une tapette improvisée pour protéger ses abeilles.

Récolte du miel

Les Dadants qui vivent dans le Parc Natura 2000 lui donnent 2 à 3 hausses de miel/ruche/an. Celles sur le tournesol en donnent 2. Il compte 18 Kg de miel par hausse.

Pour récolter les Dadants, il pose, la veille, une hausse avec des rayons bâtis entre le corps et la hausse pleine de miel. Les abeilles vont descendre « faire le ménage » et il y en aura beaucoup moins sur les rayons de miel le lendemain. Quand il les sort des hausses, il les balaie avant de les poser dans une boîte, puis les emmène à sa voiture. Il les reprend un par un, repasse la balayette puis les pose dans une boîte de transport. Et les quelques

Egouttage miel opercules tamis maturateur

Égouttage des opercules dans le tamis inox

abeilles qui restaient repartent vers le rucher. Ensuite, en route pour la miellerie, où est rangé l’extracteur (tangentiel, manuel, 6 cadres) qu’il partage avec 4 autres collègues apiculteurs. Là, on passe de l’extracteur au maturateur (2×50 litres, plastique) à travers un tamis inox. Deux trois jours de patience puis mise en pot. De retour chez lui il donne les cadres à lécher à environ 50 mètres du rucher en les empilant à plat en quinconce. Il n’a jamais constaté de pillage sérieux dû au léchage.

Pour bien débuter : objectif 5 ruches

Ses premières ruches étaient des Warré, faites maison, ce qu’il recommande à tous les bricoleurs. Mais assez rapidement il a mis des cadres à la place des barrettes pour pouvoir « mettre le nez dans les rayons » . Son but étant d’être autonome en miel (cercle familial), il voulait 5 ruches pour s’assurer 75 kilos par an. Et pour apprendre, il a lu et pratiqué avec d’autres apiculteurs. Mais à propos des livres, il prend ses distances car « les abeilles ne suivent pas toujours les conseils des bouquins ! » . De tout ceux qu’il a lus, il conseille « Je fais mon miel » de Michel Ricard, très bien illustré. Il donne les bases pour pratiquer et apprendre. Au début il a acheté un essaim buckfast, des abeilles vraiment très gentilles, et « collées au cadre » lors des visites. Il espère avoir hérité de quelques gènes dans son rucher. Aujourd’hui, il a 2 ruchettje fais mon miel - michel ricardes Dadant pour y mettre les essaims qui s’échappent de chez lui, ou qu’on lui demande de récupérer. Il les passe ensuite dans les ruches Dadant s’il a eu des pertes. Sinon, il les laissent dans les ruchettes, et elles essaiment alors rapidement par manque de place. Il dispose alors d’une petite colonie avec une Reine jeune (puisque la « vieille » est partie avec l’essaim) qu’il pourra utiliser pour peupler une Dadant qui n’aurait pas passé l’hiver.

Un grand merci à Jean-Pierre qui m’a invité chez lui pour visiter son rucher, alors qu’on ne se connaissait que via un forum. Merci aussi pour les explications sur ses pratiques simples et efficaces, et pour le pot de miel, très bon, qu’il m’a offert 😉

Vous avez aimé cet article ? Partagez, aimez, twittez ou dites-le moi en commentaires : tous vos encouragements m’aident à continuer mon défi !

Jérôme BOISNEAU

Un commentaire dans “Interview #3 : Jean-Pierre, amateur d’apiculture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *