Interview #8 : les conseils de Christian, formateur en rucher école

Christian CARRIER est aujourd’hui à la retraite, et était en train de préparer ses ruches vides pour le printemps (grattage de cadres, de hausses et de corps) quand je l’ai interrompu par mes questions pour cet interview. Mais en plus de ces 49 ruches à s’occuper, il est aussi très impliqué dans le milieu apicole : associations d’éleveurs, formateur depuis 7 – 8 ans au rucher école et président du syndicat des apiculteurs du Cantal (450 adhérents). Ses ruches sont répartis sur 6 ruchers dans le Cantal avec des caractéristiques et vocations très différentes. Certains sont en prairies, d’autres en altitude (1100 mètres) ; La plupart des ruchers servent à la production de miel, mais l’un d’eux est réservé à l’élevage, et un autre accueille les formations. Toutes ses ruches sont sédentaires et produisent en moyenne 20 kg par an (châtaignier, toutes fleurs, bruyères).

Pour bien débuter, il ne suffit pas de bien connaitre les abeilles

Souvent, les débutants qu’il rencontre et forme veulent apprendre et connaître le comportement des abeilles. Il leur apprend alors qu’il n’y a pas de comportement standard. Selon la race le contexte etc, chaque colonie sera différente. Il leur apprend donc plutôt :

  •  à adapter la conduite en fonction du comportement de la colonie,
  •  à observer le trou de vol et l’intérieur,
  •  à connaître les souches et les choisir en fonction de ce qu’on veut faire.installer un premier rucher - Jean Riondet

Pour en apprendre plus sur les abeilles, il conseille de lire les livres du frêre Adam (moine anglais qui a créé la fameuse abeille « Buckfast« ), et pour la conduite des ruches, les livres de Jean Riondet, auteur de nombreux livres et guides pour apiculteurs, et qui vient de sortir « installer un premier rucher : guide pas à pas du débutant »

Les visites des ruches

En avril, selon la météo, il fait la première visite au cours de laquelle il va :

  • Remplacer 20 % des cires,
  • Observer la Reine, toujours marquée de la couleur de son année de naissance, pour savoir s’il la garde ou si il faudra la remplacer,
  • Noter les « non-valeurs » pour les rééquilibrer avec l’aide d’autres colonies,
  • Les détruire si elles sont devenues bourdonneuses.

Les visites suivantes arrivent début mai. C’est souvent le moment de poser la première hausse. Sur les 9 cadres de cette hausse il en mets 7 déjà bâtis, et 2 (les N° 2 et 7) avec uniquement la cire gaufrée. Lors de la visite suivante il connaîtra la force de la colonie grâce à ces deux cadres, selon comment ils ont été étirés ou non. Quand il pose une hausse, il ne met plus de grille à reine. Il trouve que les abeilles ont plus de mal à monter dans la hausse à travers cette grille, et que c’est pénalisant en cas de forte miellée. Allant jusqu’à engendrer un blocage de la ponte si les abeilles stockent dans le corps plutôt que dans la hausse ( il n’y a alors plus assez de place pour que la Reine ne ponde). Sans grille à Reine il arrive qu’elle ponde dans la hausse. Il la considère alors comme une reine prolifique et accepte de sacrifier une hausse pour cette ponte car cette colonie lui donnera alors 4 hausses de miel dans l’année !

Il enfume peu et n’utilise que du gazon séché pour remplir son enfumoir.

Les varroas et l’apiculture Bio

varroa sur abeilleSelon si on est en bio ou pas, l’approche est très différente. Lui-même utilise des languettes Apivar qu’il laisse 12 semaines. Mais à mi-parcours (après 6 semaines) il les retire, les gratte et les pose à un endroit différent dans la ruche. Il a en effet constaté que les abeilles bâtissent parfois sur les languettes les rendant inopérantes.

Pour lutter contre le varroa en bio, il considère qu’il faut à la fois plus de compétence, plus de suivi, et de meilleures conditions pour bien y arriver c’est pour ça qu’il conseille de commencer avec de l’amitraze (Apivar etc), avant de passer en bio quand on maîtrise bien les techniques de base.

NDLR : Pour en savoir plus sur la gestion du varroa en BIO, lisez cet article, ou ce livre.

Nourrissement des ruches

En 2014 suite à un épisode de sécheresse, il y a eu disette. Il a donc donné du sirop. Sinon il n’en donne jamais. En revanche, durant l’hivernage, certaines colonies ont besoin de réserves supplémentaires, en fonction de leur population (quantité de couvain, jeunes abeilles… ), de leur souche etc. Il donne alors au cas par cas, du candi acheté en gros par le syndicat des apiculteurs.

En plus du miel il fait aussi de l’élevage de reines et d’essaims sur le rucher qui est chez lui. Pour les Reines, il achète des Buckfast pures et élève des Reines qui seront donc des hybrides (car issues de parents Buckfast, mais fécondées par un mâle local) . Il ne prend plus de notes dans un cahier, mais uniquement sur les ruches. Pour plus de facilité il colle un scotch orange sur le toit, et écrit dessus (nombre de hausses et date de pose, âge de la reine, quantité le ponte, de couvain etc). Quand il n’a plus de place pour écrire, il enlève les plus vieux scotch.

Merci beaucoup à Christian d’avoir pris le temps de répondre à mes questions de débutant, pour partager avec vous à propos de ses pratiques.

Et si cet article vous a plu, laissez-moi un commentaire ci-dessous. Merci

 

2 commentaires dans “Interview #8 : les conseils de Christian, formateur en rucher école

  1. Bonjour,

    Merci pour ce témoignage, pleins de bonnes idées…..comme le scotch orange etc…..
    bonne soirée
    Myriam

  2. Merci Jérôme pour cette super initiative ! J’aurai bientôt des ruches chez moi et toutes ces astuces me serviront j’en suis convaincue !

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