Les conseils de Patrick FAVER pour bien débuter l’apiculture

Patrick Faver, 56 ans, est apiculteur en Provence depuis 2 ans et se rappelle donc très bien de ses débuts. Il a commencé par 2 ruches, peuplées grâce à Michel, un voisin apiculteur qui lui a offert son premier essaim, issu d’une division.

Puis, passionné par cette première expérience qui lui procurait un peu de bon miel, il décide de créer un rucher lui procurant un petit revenu, puis un complément de retraite. Il fait le choix d’une apiculture sédentaire pour ne pas déranger les abeilles avec la transhumance.

Avant d’augmenter son cheptel, Patrick a lu beaucoup de blogs sur l’apiculture, de forums et de livres et s’est inscrit à un rucher école (cours théoriques et pratiques). Il a ainsi pu rencontrer de nombreux apiculteurs. De ces lectures et rencontres, il a choisi de s’équiper de ruches Dadant 12 cadres, et de les peupler en achetant des paquets d’abeilles chez Apimiel.

Ses conseils pour installer les essaims d’abeilles

essaim paquet abeille

Mise en place d’un paquet d’abeilles

Le rucher doit être parfaitement prêt à l’arrivée des paquets d’abeilles. Il a choisi des « buckfast »(frère Adam) livrées par paquet de 1,5 Kg (15 000 abeilles) plus une reine de l’année, fécondée. Sur les 27 essaims, il en a perdu 3. Dès l’installation dans la ruche, il nourrit avec un sirop maison à 50/50 (1 litre d’eau pour 1Kg de sucre + 2CS de vinaigre de cidre) et laisse les ruches fermées pendant 2 jours pour que les abeilles s’approprient les lieux. Patrick nourrira ensuite les ruches selon leur développement (certaines jusqu’en juin) avec le même sirop. Pour éviter le pillage, il nourrit à la tombée de la nuit.

Le rucher

Les ruches sont toutes installées à 50 mètres de sa maison. Il disposait déjà de cette parcelle de 5 000 m2 et c’est vraiment très pratique, surtout au début, de pouvoir visiter ses ruches tous les jours. Mais les ruches ne sont ouvertes que tous les 15 jours pour observer et savoir ce qu’il faut faire :

  • Observer la ponte, pour savoir si la Reine a été bien acceptée (mise à ponte) et ensuite savoir si elle pond correctement,
  • Observer le stockage (miel et pollen) pour décider s’il faut encore nourrir ou pas,
  • Agrandir en fonction de la taille de la colonie (au début, la Dadant 12 cadres est trop grande pour l’essaim, et on diminue le volume en remplaçant un des cadres par une séparation),
  • Mettre une hausse.

Côté santé des abeilles, Patrick m’a rassuré : « Au début, il n’y a pas de maladies »

Pour le premier hivernage, et après un automne estival, il a choisi d’installer sur chaque ruche un pain de Candi (Apifonda) le 1er décembre, car il manque encore d’habitude pour bien évaluer l’état des réserves dans le corps de la ruche.

rucher dadant sedentaire

 

A la miellerie

miellerie apiculture extracteur

La miellerie de Patrick

En plus du « petit » matériel, Patrick a choisi un extracteur radial 9 cadres. Il est manuel, mais il peut l’équiper d’un moteur si besoin. Il dispose aussi de 2 maturateurs : un de 50 litres, et un autre de 200 litres. Et il envisage d’en acheter un autre de 200 litres.

 

Ses objectifs de jeune apiculteur

  • Cheptel : après une saison passée avec 29 ruches, il veut pouvoir augmenter son cheptel de 10 ruches par an pour arriver à un total de 60 ruches. Et après avoir acheté ses premiers essaims, il compte bien s’agrandir en divisant ses colonies. Il veut les répartir sur 3 ruchers différents pour profiter de milieux naturels différents, et surtout être à l’abri d’un aléa sur un lieu (maladies, pesticides, etc).
  • Label : en Provence, il existe une IGP « Miel de Provence » et aussi un IGP Miel de Provencelabel rouge du même nom. Il aimerait bien rentrer dans l’IGP qui lui semble accessible et qui lui offrirait – en plus de la reconnaissance de la qualité de son travail – des outils pour s’améliorer, grâce notamment aux visites des techniciens de l’IGP et de leurs conseils. Quant au label Bio, ça le tente bien, mais il veut d’abord apprendre et être performant avant d’envisager la conversion en AB.
  • Vente : pour l’instant il vend du miel en pots, mais aussi en brèche (des morceaux de rayons remplis de miel encore operculés) ainsi que de l’encaustique fait à partir de ses cires qu’il additionne d’essence de térébenthine. Il pense compléter sa gamme avec du pollen et de la propolis, puis commencer à vendre sur 1 ou 2 marchés quand son entourage ne suffira plus.

Varroas

varroa sur abeilleHa, ces petits acariens qui sucent l’hémolymphe des abeilles…Pour les compter, il y a un tiroir sous le fond grillagé de ses ruches. Et pour les « contrôler », Patrick a adhéré au GDSA (voir glossaire apicole) qui lui fourni à la fois les conseils sanitaires, et les produits de lutte quand il en faut. Cette année, c’était APIVAR pour septembre/octobre/novembre. 12 semaines au total.

Apiculture urbaine

Patrick connaît des apiculteurs qui ont des ruches à Marseille, et qui font de grosses récoltes, avec des abeilles en bonne santé. Les seuls problèmes sont dus aux difficultés d’accès (se garer, escalier, ascenseur, etc.) et à la petite taille des ruchers (4 ou 5 ruches maxi), ce qui rend compliqué toute intervention. Malgré tout, Il reste ouvert à toute proposition d’entreprise qui voudrait accueillir quelques ruches sur son toit.

Ses conseils aux futurs apiculteurs

  • Choix du type de ruche : c’est vraiment important de le réfléchir dès le début, car il est difficile de changer ensuite (les cadres sont spécifiques à un type de ruches, l’extracteur a été choisi en fonction des cadres, …). En Provence, les apiculteurs sont principalement en Langstroth et Dadant. Un des inconvénients des Langstroth est le poids important des éléments quand ils sont pleins de miel (30 à 40 Kg) ce qui commence à faire lourd pour les manipulations et la récolte. Quant aux ruches Warré il aimerait bien en avoir quelques unes un jour.
  • Nombre de ruches : il faut commencer avec minimum 2 ou 3 ruches, car elles sont toutes différentes ce qui donne d’emblée des expériences plus riches. En plus, en cas de problème grave sur une ruche, on peut toujours compter sur la deuxième et troisième.
pesee peson ruche

Pesée arrière avec un peson

  • Prendre des notes : en plus du registre d’élevage ou il note toutes les interventions sur ces ruches, il a une fiche par ruche ou il note l’état de la ponte, du couvain, la pose des hausses, le poids des ruches…Pour peser les ruches il utilise un peson qu’il accroche à l’arrière de la ruche. Il soulève à peine, en laissant le devant posé. On obtient donc la moitié du poids de la ruche.

Le coin lecture

En plus des blogs et des forums sur l’apiculture, voici les livres qu’il recommande :

 

Patrick est – comme beaucoup d’apiculteurs – passionné par les abeilles, mais en plus il sait partager cette passion. Je tiens à le remercier vivement de m’avoir accordé cette interview, la première de « mon défi pour l’hiver« . Patrick tient un blog sur l’apiculture où il détaille les principales phases de son installation et de ses interventions. Son blog est illustré de très belles photos et de quelques vidéos. A visiter !

Si vous aussi avez envie de partager vos conseils pour aider les apiculteurs en herbe, laissez-moi un message dans les commentaires ci-dessous pour que je puisse vous contacter !

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3 commentaires dans “Les conseils de Patrick FAVER pour bien débuter l’apiculture

    • Merci à toi aussi. J’ai beaucoup appris grâce à cette interview.
      A bientôt,

      Jérôme

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