Quelle est donc cette ruche ?

Il existe plein de ruches différentes, avec des caractéristiques communes ou non, plus ou moins belles ou efficaces (et même les 2 à la fois !). Plutôt adaptées pour l’apiculteur, ou pour les abeilles… Essayons de faire un peu le tri là dedans !

Ruches traditionnelles et ruches modernes

En gros, les ruches traditionnelles sont celles qui existaient avant les « boites » en bois qu’on connait aujourd’hui. Il s’agit de ruches en terre, paille ou bois, selon les matériaux disponibles localement, et plus ou moins travaillées. Elles étaient déjà conçues par l’homme pour y élever des abeilles et récolter du miel.

Ruche tronc

Ruche tronc

Ruche panier en paille

Ruche panier en paille

Puis au XIX ème siècle, avec les débuts des manufactures, sont arrivées les « boites ». La ruche devenait plus « carrée » et donc plus rationnelle pour l’homme. Et même si l’abeille a des préférences, elle sait très bien s’adapter à de nombreuses formes d’habitats.

Malgré cette rationalisation, l’homme est resté créatif et a mis au point, selon les objectifs et besoins de chacun, des ruches mobilistes ou fixistes, populaires ou industrielles, divisibles ou non, et même des mélanges et variantes de tout ça…

Mobiliste ou fixiste ?

On parle de mobiliste quand l’intérieur de la ruche est constituée de cadres mobiles (utilisés dans les ruches Dadant, Voirnot ou Langstroth).

cadre ruche

cadre mobile

Alors que les fixistes laissent les abeilles bâtir librement (même si on peut les guider) à l’intérieur de la boite, comme dans les ruches Warré ou Kenyanes.

ruche warre

Intérieur d’une ruche Warré

La présence de cadres mobiles facilite les visites, et permet par exemple de prendre des rayons dans une ruche, pour les mettre dans une autre. Ce genre d’intervention est possible aussi sans cadre, mais ça devient un peu plus compliqué. C’est pour ça aussi que la conduite d’un rucher sera différente si on est en mobiliste (Dadant etc) ou fixiste (sans cadres).

Ruche populaire ou industrielle ?

Toutes les ruches peuvent être fabriquées par l’apiculteur, mais certains modèles s’y prêtent plus. On distingue donc les ruches populaires – qui sont faciles à fabriquer et ne demandent que très peu de matériel – des ruches industrielles qui ont vue le jour grâce à l’industrie.

On trouve dans les ruches populaires toutes les ruches traditionnelles, ainsi que la ruche Kenyane (ou THB, pour Top Bar Hives) et la ruche Warré. Une fois fabriquée, on n’a besoin que d’une tenue de protection, un enfumoir et du matériel simple et courant dans une maison. En tout cas pour commencer, car dès que les quantité de miel à extraire vont augmenter, on aura vite envie de se faciliter la vie en s’équipant un peu plus.

Les Dadant, Langstroth et Cie se retrouvent dans la catégorie industrielle. En effet, ces ruches sont généralement achetées par l’apiculteur. Mais il doit aussi acheter : les cadres (à changer tous les 3 ans), les cires gaufrées (pour garnir les cadres), le fil d’acier pour tenir la cire, mais aussi un extracteur, pour réussir à faire sortir le miel des alvéoles, sans casser le cadre et la cire (pour info, un extracteur manuel pour seulement 8 cadres, ça vaut déjà plus de 400 euros…), etc…

 

Ruche divisible ?

La ruche Dadant est composée d’un corps, contenant (le plus souvent) 10 cadres. Sur ce corps, on pourra ajouter des hausses (beaucoup plus petites que le corps), pour que les abeilles y stockent le miel. Et normalement ces hausses ne servent qu’au miel. On peut donc facilement séparer « la maison » du « grenier », mais on ne peut pas diviser la maison (sauf en déplaçant des cadres).

En revanche, les ruches Warré sont composées d’éléments qui font tous la même taille. Et la partie « maison » (c’est à dire là où on trouve du couvain et du pollen) est répartie sur 1 à 3 éléments superposés. Et le grenier est encore au-dessus. On peut donc diviser une ruche en séparant ces éléments. D’où le nom de divisible.

Attention, variante ! En effet, les ruches Langstroth (qui ressemblent beaucoup aux Dadant) sont composées d’un corps et de hausses, mais en superposant deux corps, on peut les conduire en divisible.

Le mots divisible désigne donc soit un type de ruche, soit une méthode.

Vous avez maintenant les quelques clés qui me manquaient, au tout début, pour comprendre certains articles apicoles. N’hésitez pas à commentez pour me dire si c’est clair aussi pour vous :-) ou s’il reste des points à éclaircir…

Jérôme BOISNEAU

Crédit photo : Katrina, Maja Dumat – CC BY 2.0

Recherches utilisées pour trouver cet article : conduite dune ruche divisible.

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