Quelle ruche choisir ?

C’est la question que ne se pose pas tout le monde. Et oui, souvent on a tendance à reproduire le schéma le plus courant, en se disant que ça doit être le meilleur. Et le modèle de ruche le plus courant en France est la ruche Dadant. C’est une ruche assez grosse, et semble t-il assez adaptée aux apiculteurs professionnels qui ont beaucoup de ruches, mais est-ce la meilleure pour commencer ? . . .Peut-être, mais peut-être pas. Ca dépend de vous, et de vos objectifs. Je vais donc dans cet article vous guider par des questions pour que vous puissiez ensuite faire un choix en fonction de vos réponses, et non, « parce que c’est la mode »…

choix type ruche

1 – Pourquoi avoir une ruche ?

Vous voulez installer une ou plusieurs ruches chez vous, et c’est très bien. Je ne peux que vous encourager :-) mais il peut y avoir de nombreuses raisons à cela, alors prenez une ou deux minutes pour vous poser vraiment la question et écrivez les réponses (vous pouvez utiliser les commentaires ci-dessous pour les partager avec tout le monde et aussi pouvoir les retrouver facilement). En voici quelques-unes parmi les plus courantes :

  • pouvoir récolter du miel,
  • participer à la sauvegarde des abeilles,
  • améliorer la pollinisation de mon jardin,
  • récolter de la propolis pour me soigner, ou du pollen pour ses bienfaits,
  • parce que j’adore observer les insectes…

Pollinisation abeille

2 – Quel temps je peux consacrer à l’apiculture ?

Selon vos objectifs et le type de ruche que vous aurez choisi, il faudra y passer plus ou moins de temps. Et vous n’aurez pas les mêmes disponibilités selon que vous êtes retraité avec une ruche dans votre jardin, ou ultra-urbain over-booké qui compte installer une ruche à la campagne chez belle-maman.

  • Votre engagement minimum, sera de visiter vos ruches pour s’assurer que tout va bien, et agir s’il y a un problème : entre 0 et 30 minutes par mois selon la saison.
  • Vos possibilités supplémentaires :
    • visites régulières (observation du trou de vol, ou par une fenêtre dans la ruche),
    • visites de l’intérieur (ces visites perturbent les abeilles et doivent donc être guidées par la nécessité, et non par la curiosité…),
    • récolte (miel, pollen, propolis),
    • division, élevage de reines,
    • fabrication de vos ruches,
    • lecture (livres, blogs, forums, revues…),

3 – Quel budget ? Combien coûte une ruche ?

On peut commencer avec très peu d’argent, voir rien si on est doué pour la récup’ et le bricolage, mais pour beaucoup de débutants il faudra commencer par acheter :

  • une ruche (entre 50 € si on la fabrique, et 100 € si on l’achète)
  • une protection (entre 15 € pour une vareuse, et 55 € pour une combinaison intégrale, conseillé pour débuter) plus des gants (12 €)
  • un enfumoir (à partir de 15 €)
  • un couteau lève cadre (9 €)
  • et si vous ne trouvez pas d’essaim sauvage (ou que vous êtes pressés) alors vous pourrez acheter un essaim pour une centaine d’euros.

4 – Acheter ou fabriquer ses ruches ?

Toutes les ruches ne sont pas aussi faciles à fabriquer, mais si vous avez le temps et que vous aimez bricoler, alors n’hésitez pas : fabriquez la ruche pour vos abeilles. Ça implique de se poser encore plus de questions que si vous l’achetez, mais au moins vous pourrez la faire comme vous le souhaitez vraiment.

Si vous ne pouvez pas la fabriquer, il faudra l’acheter. Personnellement j’ai fabriqué ma première ruche, mais pour le reste du matériel je l’ai acheté chez Icko. Et j’ai été très content  du matériel et du service.

5 – Le choix de le ruche

Quand vous aurez répondu à toutes ces questions – et écrit les réponses (j’insiste, mais c’est important d’écrire vos réponses pour bien choisir) – alors vous pourrez lister, par ordre d’importance, tous vos critères. Cette liste vous permettra bientôt de pouvoir faire votre choix grâce à un article que je suis en train d’écrire et qui compare les critères les plus courants aux principaux types de ruches.

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Jérôme BOISNEAU

Crédits photos : Nicolas Vigier, Danny Perez Photography

Recherches utilisées pour trouver cet article : quelle ruche choisir ?, quelle ruche supporte le mieux la chaleur, ruche douglas plan.

3 commentaires dans “Quelle ruche choisir ?

  1. Bonjour Jérôme,

    Je me retrouve complètement dans les hésitations sur le type de ruches que tu mentionnes. Mon coeur balance entre deux types de ruches, et en même temps balance entre deux styles de pratique. j’avoue avoir un penchant prononcé pour ce que certains appellent « le non-interventionnisme au rucher ».

    Une apiculture amateur peut-elle être viable et satisfaisante, en même temps que protectrice de l’abeille, lorsqu’on utilise des ruches à cadres et une ouverture tous les 15 jours ?

    Je suis sceptique, je n’arrive pas à me décider.

    Amitiés,

    Benoît

    • Salut Benoit,
      Sur pas mal de sujet, je suis adepte d’un (presque) non-interventionnisme, mais en ce qui concerne l’apiculture, ce n’est à mon avis plus possible. Avant l’arrivée du varroa dans les année 80, le boulot des apiculteurs se réduisait presque à poser des hausses et à extraire ! C’est un peu caricatural, mais beaucoup d’apiculteurs retraité me l’ont dit.
      Aujourd’hui, être apiculteur, c’est comme être éleveur. Certains éleveurs de bovins gardent leurs vaches en stabu toute l’année et les nourrissent à l’ensillage, et aux farines. D’autres les mettent en prairie dès que possible, et sinon leurs donnent du foin. Deux élevages très différents, mais dans les 2 cas, les éleveurs s’occupent de leurs animaux.
      Avec les abeilles, c’est un peu pareil. On peut avoir des pratiques très invasives, donner du sirop à tout va, dans des boites en plastique, et chasser le varroa à l’amitraze, ou bien les « chouchouter » dans des ruches en douglas, en les laissant batir leurs rayons comme elles ont envie, mais si comme elles ne savent pas lutter contre le varroa, il faut les aider. Et comme on a envie de les voir en vie après l’hiver, il faut surveiller leurs réserves, et les nourrir si besoin.
      Chacun trouvera sa place entre ces 2 portraits très différents, mais à mon avis, le minimun à faire est gérer les varroas, et la famine.
      Quant aux types de ruches, tu hésites entre lesquelles ?
      à+
      Jérôme

      • Salut Jérôme,

        Mes ruches seront sédentaires, et le mieux qui puisse m’arriver, c’est de récupérer un terrain que j’aménagerai spécialement pour elles, avec des fruitiers, des fleurs pérennes, de la pomme de terre, et un peu de cultures potagères que je laisserai monter à graine pour faire ma semence (pour les légumes les plus courants).

        C’est en bonne voie niveau négociations dans le village.

        Pour ce qui est des ruches, j’hésite entre de la Dadant 12 (avec des cadres à jambages) et de la Warré sur barettes. Je commencerais avec 4 ruches dont 2 seulement seraient peuplées au début, pour gérer les besoins en divisions (j’ai pas envie de les empêcher à tout prix d’essaimer, je ne sais pas si c’est une bêtise, mais il me semble que c’est un truc qui est en elles de toute manière).

        Je suis au rucher-école du département, donc tout ce qui est traitements, extractions et autres peut se trouver collectivisé.

        J’hésite un peu, c’est quand même un gros budget.

        Comment peut-on espérer l’amortir un peu, en amateur ?

        Amitiés,

        Benoît

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