Un apiculteur amateur confirmé !

Louis-Marie est apiculteur depuis 2006 à Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne. Il a entre 30 et 40 ruches selon les années (35 en ce moment), mais il lui est arrivé de descendre à 12 après hivernage. Après ce genre d’événement il préfère stimuler les colonies survivantes (au printemps, par nourrissement) que d’acheter des essaims.

Il a des ruches Dadant 10 cadres, qu’il a fabriquées lui-même (il est aussi menuisier 4 jours par semaine). Elles sont réparties sur 2 ruchers sédentaires, ce qui lui permet de pouvoir déplacer les ruches de l’un à l’autre lorsqu’il fait des divisions. Il aimerait bien disposer d’un troisième rucher.

Il ne vend que le miel en pots, mais trouve que la vente de pollen et de propolis ferait un bon complément. Quant à la cire, il la fond en blocs pour l’échanger contre des cires gaufrées.

Dès ses débuts il s’est inscrit au Syndicat Limousin Avicole et Apicole, ce qui lui a permis :Syndicat Apicole Avicole limousin

  • d’apprendre l’apiculture (théorie et pratique) au rucher école
  • de bénéficier des achats groupés du syndicats (matériels, pots, etc)
  • de rencontrer de nombreux autres apiculteurs

Aujourd’hui il continue d’apprendre grâce au syndicat apicole quand il se rend aux réunions / formations organisées tous les 2 ou 3 mois avec un thème différent à chaque fois (conduite / traitement / administratif etc)

Nourrissement des abeilles

Candi apifonda nourrissementLouis-Marie a fabriqué ses propres ruches, et pour le couvre-cadre nourrisseur, il a mis un fond en plexiglass. Du coup il peut observer ses abeilles simplement en enlevant le toit. Ça lui permet notamment d’observer la grappe durant l’hivernage. Il s’est ainsi rendu compte que la grappe monte au cours de l’hiver, et qu’elle se déplace vers l’avant de la ruche. Il sait donc que si la grappe est haute trop tôt dans l’hiver, c’est qu’elle risque de mourir de faim avant le printemps. Il peut donc donner du Candi seulement si nécessaire !

Quand il a besoin de faire des essaims artificiels (pour remplir des ruches vides après l’hiver) il stimule la Reine de 2 façons. Dès les premiers beaux jours, il donne du Candi, puis fin Mars début Avril, il apporte un peu de sirop 2 à 3 fois par semaine. Ça provoque une forte ponte qui engendrera une forte colonie au moment où il y aura beaucoup de fleurs à butiner. Il y a cependant 2 risques avec cette méthode :

  1. Avoir une colonie très forte à un moment où il n’y a pas de fleurs (mauvaise planification de l’apiculteur,  mauvaise météo …)
  2. Provoquer un essaimage « naturel ». Il faut donc surveiller régulièrement les signes avant-coureurs pour diviser la ruche avant qu’elle ne le fasse toute seule…  (Attention, avant de diviser, il faut être sûr qu’il y a des mâles adultes / féconds pour la future Reine).

Les Varroas

abeille varroa

Un varroa sur une abeille

Dans ses ruches, Louis-Marie ne veut pas faire rentrer de chimie (de synthèse). Pour lutter contre les varroas il a choisi d’utiliser du thymol, qu’il achète « brut » au syndicat apicole et qu’il dissout dans l’alcool. Auparavant, il en imprégnait des lanières à suspendre entre les rayons, mais après quelques déconvenues il a changé de technique. Aujourd’hui il imbibe un carton qu’il introduit dans un tiroir sous le fond grillagé des ruches. Il pose ce carton au thymol juste après la récolte (fin août début septembre) et observe alors une belle mortalité de varroas.

Coin lecture

magasine abeille de franceMême s’il sait qu’il existe de bons blogs sur l’apiculture, Louis-Marie passe peu de temps sur internet. Il préfère lire des livres et s’est abonné à l’abeille de France. Une revue apicole à destination des amateurs (comme la majorité des apiculteurs) où il aime lire aussi bien « la rubrique du néophyte » que des articles plus conséquents, ou bien « la plante du mois » .

Comme souvent, le premier livre conseillé par Louis-Marie est le traité rustica de l’apiculture, indispensable à lire, et qu’il relie encore de temps en temps.

Alternative à la grille à Reine

La grille à Reine n’étant pas toujours bien acceptée par la colonie,  Louis-Marie a testé une technique proposée dans l’abeille de France (décidément, il faut que je m’abonne !). Avant de poser la première hausse sur le corps de la ruche, il pose un carré de carton (20cm x 20cm) sur les cadres du corps, au centre. Les abeilles peuvent donc monter/descendre par les bords de la ruche, mais le centre est « bouché » par le carton. Et comme la Reine n’aime pas « couper » son couvain, elle préfèrera l’étendre (dans le corps) plutôt que d »en avoir une partie de chaque coté du carton.

 

Un grand merci à Louis-Marie pour le temps qu’il a passé à me transmettre tous ces conseils.

Vous avez des questions, ou des compléments d’information ? N’hésitez pas, utilisez les commentaires ci-dessous. C’est là pour ça. Et en plus, ça me fera plaisir :-)

Jérôme BOISNEAU

3 commentaires dans “Un apiculteur amateur confirmé !

  1. Le varroa est certes un ennemi juré des abeilles et….. des apiculteurs. Mais les.ravages que fait la fausse teigne sont impensables. Que conseillez vous?

    • En tant que jeune débutant en apiculture, je n’ai pas encore rencontré de fausse teigne. Mais dès ma prochaine interview à un apiculteur, je lui poserai votre question (ainsi qu’aux suivants). Vous trouverez donc bientôt une (puis plusieurs) réponse sur ce blog.
      D’autre part, je me note l’idée de faire une article sur la fausse-teigne (prévention, diagnostique, lutte, etc).
      A bientôt, et merci pour votre commentaire.
      Jérôme Boisneau

  2. Pas mal l’idée du carré de carton intercalé entre le corps et la hausse ! Effectivement, il fallait y penser. Merci pour l’info.

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